Colombie : Rencontre internationale sur la solidarité avec les objeteurs/trices de conscience

Du 18 au 20 juillet 2006, la rencontre internationale sur la solidarité avec les objeteurs/trices de conscience en Colombie a eu lieu à Bogotá.

Le discours d’ouverture a été effectué par Andreas Speck, salarié du programme de l’IRG pour le Droit au Refus de Tuer, qui a dressé un panorama général de l’objection de conscience dans le monde comme point de départ pour la rencontre. Carlos Gutiérrez Carvajal a poursuivi en présentant l’objection de conscience en Colombie, son histoire, son développement, ses modes organisationnels et ses propositions pour le futur.

Les participantEs à la conférence provenaient de différentes régions de Colombie dont Bogotá, Medellín, Cauca, Arauca, Villa Rica mais aussi d’Equateur, du Paraguay, de Serbie, d’Espagne, des Etats-Unis d’Amérique ainsi que d’organisations internationales telles l’Internationale des RésistantEs à la Guerre et l’Internationale des Objecteurs/trices Contribuables pour la Paix.<.P>

Les interventions au cours de la conférence se sont penchées sur trois points différents : la loi tant nationale qu’internationale quant au droit à l’objection de conscience, l’expérience des autres mouvements pour l’objection de conscience (particulièrement en Serbie, en Espagne, au Paraguay, et aux Etats Unis), et le mouvement pour l’objection de conscience en Colombie. L’une des discussions les plus importantes pour le mouvement des objos colombienNEs fut celle concernant le conseil et le soutien aux objecteurs/trices de conscience au niveau local/national et international.

L’intérêt est évidente : Les objecteurs/trices de conscience colombienNEs agissent dans un contexte de non-reconnaissance légale de l’objection de conscience par l’état colombien, sans parler des autres factions armées, telles la guérilla, les milices et les paramilitaires.

Le graphique sur la droite montre qu’échapper au service militaire est un phénomène répandu en Colombie – atteignant près de 45% en 2003. Cependant, l’objection de conscience ouvertement déclarée est relativement faible et n’est couverte par aucune statistique. Un problème majeur pour les insoumis et les objecteurs de conscience est la non-possession de carte d’identité militaire, laquelle est nécessaire à bien des égards dans la société colombienne : pour étudier et être diplômé à l’université, pour chercher un travail ou passer le permis, etc. Outre la peur de l’arrestation et des persécutions (ou le recrutement forcé par la milice ou la guérilla), l’impossibilité de vivre une vie normale rend difficile le choix de l’objection de conscience, surtout dans un pays au chômage élevé ou 's’engager' dans n’importe quelle des forces armées est aussi un moyen de survivre.

La rencontre internationale a mis à plat plusieurs pistes pour une coopération rapprochée et pour des stratégies internationales de protection, lesquelles nécessitent de plus amples discussions et devront être développées avant d’être exécutées. En septembre, une assemblée nationale des objecteurs/trices de conscience colombienNEs décidera des prochaines étapes pour le mouvement des objos colombienNEs.

Andreas Speck, salarié de la campagne de l’IRG pour l’objection de conscience.