Communiqué de l'IRG sur la reconnaissance du droit à l'objection de conscience

Les objecteurs de conscience israéliens ont besoin de soutien

23 février 2003, Internationale des résistants à la guerre - BE Le bureau exécutif de l'Internationale des résis tants à la guerre (IRG), réseau pacifiste âgé de quatre-vingt-un an, regroupant 90 associations dans 45 pays, exprime ses graves préoccupations concernant la situation des objecteurs de conscience au service militaire en Israël, à l'occasion de sa réunion ce week-end, à Londres. À la lumière des peines croissantes qui frappent les objecteurs de conscience au service militaire en Israël, le bureau exécutif appelle le gouvernement israélien à reconnaître le droit de l'homme à l'objection de conscience. Il en appelle au mouvement international de paix pour soutenir les objecteurs de conscience israéliens et pour exprimer sa protestation contre la politique du gouvernement israélien en matière d'objection de conscience.

Le gouvernement israélien ne reconnaît pas le droit à l'objection de conscience, qui trouve son origine dans l'Article 18 de la Convention internationale sur les droits civiques et politiques, texte ratifié par Israël. Comble, face au nombre croissant d'objecteurs de conscience qui refusent d'être enrôlés dans les forces armées, les autorités israéliennes alourdissent les sentences contre les réfractaires. En violation des règles du droit international, les objecteurs sont condamnés à répétition - récemment, Jonathan Ben-Artzi, objecteur, se voyait notifier sa huitième peine de prison, et Dror Boimel recevait sa septième condamnation. Nouveau pas pour casser les objecteurs de conscience, ils doivent désormais passer en cour martiale, bien qu'ils aient déjà purgé plus de 150 jours de prison. Une cour martiale peut condamner un objecteur jusqu'à trois ans de prison. Jonathan et Dror seront les premiers à inaugurer ce système.

Un rapport de l'IRG sur l'objection de conscience au service militaire, récemment soumis au Comité des Nations-Unies sur les droits de l'homme, recense plus de 180 objecteurs emprisonnés pour motif de conscience entre septembre 2001 et janvier 2003, qui totalisent plus de 6 500 jours en prison.

L'IRG demande au gouvernement israélien : w de reconnaître le droit à l'objection de conscience et de promulguer une loi conforme aux prescriptions des résolutions 1998/67 et 2002/45 de la Commission des droits de l'homme de l'ONU ; w de libérer immédiatement tous les objecteurs emprisonnés et de reporter l'incorporation de tous ceux qui déclarent leur objection au service militaire et ce jusqu'à ce qu'une loi soit adoptée.

L'IRG demande de toute urgence à ses membres, aux organisations du mouvement de paix, et à chaque individu : w d'exprimer leur protestation contre l'emprisonnement des objecteurs de conscience en Israël, en écrivant des lettres à l'Ambassadeur d'Israël dans leur pays, au gouvernement israélien et aux autorités militaires israéliennes ; w de soutenir les objecteurs en envoyant des lettres aux prisonniers ; w de prendre part à la campagne IRG en soutien aux objecteurs d'Israël, qui culmine le 15 mai, journée internationale de l'objection de conscience, par l'organisation d'actions de protestation, vigiles, séminaires, débats publics pour rendre visible et soutenir le sort des objecteurs de conscience en Israël ; w de rejoindre une délégation de l'IRG, comme observateur en Israël, lors des procès en cour martiale contre les objecteurs.

Les objecteurs de conscience israéliens ont besoin de votre soutien.