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L’usage de la peur pour faire taire l’opposition

La majorité des Israéliens pensent que le maintien de l’état d’urgence est justifié, qu’une conscription élargie et des réservistes nombreux les aideront à se sauvegarder des ennemis qui les entourent, qui veulent anéantir Israël et «nous jeter à la mer».

Les Palestiniens vivent dans la région depuis des siècles, avant l’établissement de l’État juif en 1948, mais la mémoire collective de la plupart des juifs israéliens leur fait défaut pour reconnaître ce qui s’est passé pendant la guerre et ses suites immédiates, quand des centaines de villages ont été systématiquement effacés de la carte. Israël, cependant – envisagé comme un havre sûr – est considéré partout comme la terre des juifs.

Actuellement, 20 % de la population israélienne n’est pas juive mais musulmane, chrétienne ou d’une autre religion. Ces croyances variées célèbrent des jours fériés différents. Comme Israël se considère comme un État juif, seules les fêtes nationales juives sont fériées.

Chaque printemps, Israël observe trois jours fériés qui définissent la nation sioniste : le jour du Souvenir de l’holocauste, le jour du Monument aux soldats tués et le jour de l’Indépendance. Le premier rappelle les horreurs de l’holocauste. Le deuxième rend hommage aux soldats tués et aux victimes du terrorisme. Le troisième, le lendemain, est la fête nationale. Pour mes amis palestiniens ce dernier jour est Nakba et commémore leur désastre – une fête non incluse dans le calendrier officiel israélien. Ces jours-là sont chargés d’émotion et remplis de chagrins pour beaucoup. Ils se concentrent sur les nombreuses victimes, sur les grandes souffrances et disparitions durant l’holocauste, et sur les soldats juifs morts au champ d’honneur pour que l’État juif puisse exister. Simultanément, ces journées projettent la possibilité de nouvelles victimes dans le futur.

Le 26 avril 2009, un jour avant celui des Soldats tués, dans un acte abondamment publié qui exploité le caractère « chargé » de cette journée, la police interrogeait et perquisitionnait les logements de six militants de New Profile. Ils confisquèrent les ordinateurs personnels et, dans certains cas, ceux appartenant à leur famille. Les militants emprisonnés ont été relâchés sous caution, mais leurs ordinateurs ont été saisis pendant trente jours. Dans la quinzaine de jours suivante, la police convoqua dix autres militants pour interrogatoire, mais moins en fanfare et avec moins de couverture médiatique.

Les militants étaient accusés d’incitation à l’opposition à la conscription (appel à un refus du service militaire) – ce qui est assimilé à un acte de trahison. La tentative d’incriminer New Profile se résume à une déclaration de guerre contre la jeunesse, d’ailleurs un nombre croissant de juifs israéliens, aussi bien que de jeunes de la minorité druze, sont incapables d’accepter ou de mauvaise volonté sur le commandement éculé : « Nous n’avons pas d’autre choix », et ils refusent d’accomplir le service militaire.

L’enquête au sein de New Profile a été diligentée en raison d’une inquiétude au gouvernement et dans les cercles de la Défense sur la tendance croissante à échapper à la conscription. En juillet 2007, le ministre de la Défense Ehud Barak et le chef d’état major Gabi Ashkenazi déclarèrent publiquement qu’ils voulaient combattre cette tendance.

Mais en vérité, ce n’était pas New Profile qui les embêtait. Cette association sans but lucratif n’a pas eu plus de soixante membres actifs à n’importe quel moment. Elle était juste perçue comme un bouc émissaire facile et visible, que les autorités espéraient semer la terreur et intimider ainsi de futurs résistants à la conscription.

L’enquête criminelle nous soumettait à de nouveaux et difficiles défis, mais nous avons décidé d’enquêter activement sur l’enquête afin de poser un acte de résistance. Notre approche féministe inspira cette réponse, et c’était comme nous le proclamions une sorte d’engagement – en nous documentant, discutant, analysant les évènements et en surmontant cavalièrement la couverture médiatique quelle soit bonne ou mauvaise. La décision de relever le défi de l’enquête en menant notre propre contre investigation ajouta une nouvelle et valorisante dimension à notre expérience.
Aujourd’hui, bien que New Profile remplisse les conditions légales requises pour être une ONG, et que nos statuts aient été approuvés par la Haute cour de justice, nous sommes soumis à un harcèlement, particulièrement par les factions d’extrême droite à la Knesset. Il est facile de se sentir confus dans la vie publique en Israël car elle est criblée d’ambiguïtés. Le journal Haaretz en est un bon exemple. Il reflète la relativement petite population des israéliens progressifs et libéraux qui forme son lectorat, parce qu’il publie à l’occasion des articles qui critiquent la politique militaire dominante et de l’occupation des territoires, créant une illusion de progressivité. Mais les opinions de la gauche radicale n’y sont pas exprimées, et cela revient à une politique du silence.
Pour beaucoup d’entre nous le silence se fait aussi dans nos cercles les plus proches. C’est souvent difficile pour nous de trouver un espace pour le dialogue et la discussion, même à l’intérieur de nos foyers et avec nos familles. Nous sommes discrédités : au mieux, on nous qualifie d’hypersensibles et de réagir exagérément. Au pire, nous sommes perçus comme n’ayant pas le moindre soupçon d’idée de ce qui se passe réellement et des vraies affaires « ils veulent nous conduire droit dans le mur » et « ne connaissent que le langage de la force ».

Un exemple récent de la façon dont la peur affecte nos jugements est le fait que pendant les récentes émeutes égyptiennes, la plupart de l’opinion israélienne était loyalement en faveur de Moubarak, alors que le reste du monde en extase applaudissait la révolution. Comme nous assistons à un phénomène historique, les hommes politiques israéliens parlent de menaces sur l’existence de leur État.

Aujourd’hui la même rhétorique officielle est utilisée à l’égard de l’Iran, menace nucléaire pour Israël – mise en avant pour promouvoir la panique au sein des citoyens et des Juifs de la diaspora – afin de mobiliser les gens à travers la frontière. La peur sert d’outil pour obtenir la soumission et le respect. C’est cela le militarisme, parmi d’autres choses. La peur promeut et maintient l’ignorance. En tant qu’Israéliens, nous procurons l’identité nationale ou le standing international par « autrui » et en jouant un jeu condamné. Ce sont eux et pas nous. Nous n’avons pas de partenaires pour la paix. Ce jeu de malheur ne laisse pas la moindre place pour le dialogue, le pardon ou la responsabilité.

Il est crucialement important de créer de la conscience dans la communauté internationale sur ce qui se passe en Israël. Je crois que notre jeunesse est notre salut. Comme la loi israélienne n’offre de fait aucune disposition pour l’objection de conscience, les jeunes votent avec leurs pieds. Malgré la persistance de la conscription, plus de la moitié de tous les israéliens concernés ne s’engagent plus ou n’accomplissent plus leur service obligatoire dans l’armée. Je suis fière d’avoir quatre fils qui ont tous refusé de faire le service militaire.

Ruth Lackner Hiller
New Profile, mouvement pour la démilitarisation de la société Israélienne
(traduit par René Burget)

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