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Communiqué du Comité Exécutif de l'IRG sur la guerre du Kosovo

[Texte écrit avant les accords de paix en juin de 1999]

Du 22 au 24 mai 1999, le Comité Exécutif de l'Internationale des Résistants à la Guerre (IRG) tenait une réunion à Londres afin de statuer sur la guerre au Kosovo et en République Fédérable de Yougoslavie.

Ceux d'entre-nous qui étaient citoyens de pays membres de l'OTAN se penchèrent sur la situation dans nos propres pays - par exemple des problèmes de certains groupes anti-guerre face aux organisations pacifistes qui soutiennent les bombardements de l'OTAN, ou de ces groupes qui répètent la propagande serbe et refusent de condamner le nettoyage ethnique serbe. De notre point de vue, le premier responsable de cette situation est Slobodan Milosevic.

Comment cette guerre pourra finir demeure flou. En fait, nous reconnaissons que le danger de la dernière d'une série de guerres est justement qu'elle ne soit pas la dernière de la série: il y a de forts risques de guerre en Albanie, en Macédoine ou au Monténégro.

Appel à la résistance à la guerre

La direction exécutive du WRI prépare un appel à la désertion qui devrait être paraphé par des personnalités des pays membres de l'OTAN et de République Fédérale de Yougoslavie.

Réfugiés

Concomitamment aux activités des groupes de l'IRG opposés à la fois à l'épuration ethnique serbe et aux bombardements de l'OTAN, nous notons que les réfugiés, incluant les déserteurs et les résistants à la conscription, ont un besoin particulier de soutiens.

Les réfugiés sont plus que des victimes: ce sont des gens dont les droits et la capacité à déterminer leur propre futur doivent être respectés. Nous déplorons l'attitude de certains gouvernements « hôtes » qui restreignent l'accueil des réfugiés ou certaines associations d'aides aux réfugiés qui ne soutiennent que certains groupes ou leurs compatriotes dans ce pays.

Les résistants à la conscription et les déserteurs devraient être reconnus comme des personnes interrompant la chaîne des violences, bénéficier de l'asile et d'aides à la formation afin de construire la paix à leur retour dans leurs foyers. Le bureau de l'IRG continuera à distribuer de l'information sur la législation en vigueur pour les déserteurs cherchant asile et demande aux groupes affiliés de lui adresser toute information concernant cet aspect. Nous réaffirmons notre solidarité avec les groupes protégeant légalement ou illégalement les déserteurs.

Nous avons étudié des rapports de visites exploratoires en Macédoine rapportant, à la fois, les mauvaises conditions dans les camps de réfugiés et la pression qu'ils exercent sur la société macédonienne.

Les pays membres de l'OTAN ont trouvé la volonté de dépenser autant dans les bombardements, c'est un scandale qu'ils ne contribuent pas davantage à assurer de meilleures conditions de vie aux personnes déplacées ou à soutenir les communautés qui hébergent ces réfugiés en Macédoine ou en Albanie. Les groupes locaux ont un rôle vital à jouer dans l'aide aux réfugiés, ainsi nous pouvons encourager un travail de prospective internationale par des volontaires afin de mettre en place ou de rejoindre des projets locaux, tels ceux entrepris en coopération avec les femmes macédoniennes et albanaises (Macédonien et Albanais du Kosovo) en Macédoine.

Reconstruction de la société civile

Même si les gens ont été expulsé de force de leur maison, il est encore possible d'entreprendre quelques travaux, de commencer à reconstruire la société civile. Particulièrement en Macédoine, certains groupes, issus de la société civile, d'Albanais du Kosovo se sont reformés - en dépit des difficultés dues à la situation, tel que les problèmes d'enregistrement des réfugiés du fait des autorités macédoines. La société civile serbe a aussi souffert des répercussions de la guerre, de la censure, d'intimidation et même d'assassinat par des escadrons de la mort.

Nous prenons en considération le rapport préliminaire du Balkan Peace Team en visite exploratoire à Budapest et Macédoine, et espérons que ce projet rassemblera ses travaux dans le but de soutenir la société civile

Dialogue

Nous remarquons que de moins en moins d'Albanais du Kosovo sont prêts au dialogue avec les Serbes, il y a cependant des exceptions, notamment quelques individus exceptionnels parmi lesquels des membres du groupe de Nansen. Cette réalité n'est pas prête d'évoluer rapidement tant que davantage de Serbes ne reconnaîtront pas la culpabilité de la Serbie dans ce qui vient de se passer. En même temps, l'ancrage d'initiatives pour le dialogue sera essentielle pour établir la moindre perspective de coéxistence pacifique entre Serbes et Albanais du Kosovo. Nous pensons que le dialogue au sein du contexte sud-est européen dans sa globalité pourrait être plus prometteur qu'une simple et unique confrontation Serbe-Albanais.

Crimes de guerre

L'IRG considère que la guerre est en elle-même un crime contre l'humanité. Il est cependant nécessaire d'enquêter sur les actions ou les politiques entreprises et qui contreviennent au code de la guerre, notamment en identifiant les responsabilités de Slobodan Milosevic et de ses collaborateurs.

La délégitimation de Milosevic est un objectif essentiel des groupes de la société civile et des institutions internationales, et nous continuerons à diffuser et à faire connaître les travaux de citoyens ou de groupes qui, à l'intérieur de la Serbie, s'éloignent du régime.

Les bombardements de l'OTAN sont dans la tradition d'autres campagnes qui, voulant briser la volonté d'un régime, se sont employées à bombarder la population civile. En poursuivant l'option guerrière, l'OTAN a outre passé les autres institutions internationales- les Nations-Unies, l'OSCE et Le tribunal International pour les crimes de guerre de la Haye. Parrallèlement à la multiplication des bombardements la sélection des cibles devient de moins en moins précise- visant maintenant l'infrastructure économique entière. De telles politiques confirment que l'OTAN ne peut se poser en dépositaire de la loi internationale et en garant de la sécurité et des droits de l'homme.

Information et éducation

L'IRG entend continuer à jouer un rôle actif en diffusant l'information fournie par les membres affiliés de la région, tel que Les Femmes en Noir, en essayant de donner des analyses en continu sur le développement de la situation et en aidant les antimilitaristes à contribuer du dehors à la paix.

En plus du numéro de Mai-Aout de Peace News, nous recommandons la lecture du rapport exploratoire du Balkan Peace Team en visite en Hongrie et Macédoine, ainsi qu'un document de 25 pages sur le Kosovo: After the War, écrit par Howard Clark pour le groupe de travail du Kosovo (Tous disponibles sur le site de l'IRG).

Comité executif de l'IRG, le 24 mai 1999.