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KOSOVO: Les chances perdues et les dangers présents, par Robin Blackburn (extrait)

« (...) Les peuples d'Europe sont profondément divisés face à cette désastreuse guerre locale, et l'opposition est croissante quant à l'éventualité d'un imprudent et périlleux élargissement du conflit. C'est une crise européenne et il serait nettement préférable que les gouvernements européens, qui devront vivre avec les conséquences de la guerre, prennent en charge de la résoudre. Si les Etats-Unis plutôt que la Russie avaient été écarté des négociations,les chances d'une issue pacifique auraient été bien plus grandes. L'engagement américain satisfait sûrement les rapaces de Washington mais les aventures d'outre-mer, avec des risques illimités d'implications croissantes, sont sans aucun intérêt pour la plus grande masse des citoyens américains. Cela sert à distraire l'opinion publique américaine de problèmes alarmants comme l'accroissement de la population carcérale, et promet l'érosion des surplus budgétaires rendant possible la brutale politique de Clinton quant au problème de la sécurité sociale et de retraites. Aucun pays ne devrait s'arroger le droit d'être le gendarme du monde et les Etats-Unis, plus particulièrement, du fait de son système politique qui est très vulnérable aux intérêts spéciaux des lobbys.(...) »

23 Mai 1999.

Robin Blackburn est chercheur au King's College de Cambridge.

FRON'T

"Une démocratie avec un cerveau militaire, c'est comme un art écervelé. Dans le monde du crépuscule politique, où l'art pard sa place en même temps que les hommes, on impose la guerre comme une catastrophe naturelle " car il n'y a pas d'autre solution ".

A force de protéger ses propres minorités ou celles des autres, le monde se désagrège en minorités. La logique identitaire mène toujours au nettoyage ethnique de l'Etat-territoire. Pour le nettoyeur ethnique, mais aussi pour l'indépendantiste.

Nous autres, Yougoslaves et ex-Yougoslaves, nous avons reconnu les mécanismes de folie de notre côté. Nous invitons tous les autres à reconnaître les leurs.

Cela commence où tout, sauf le commencement, meurt. Notre position est celle de l'impossible."

Extrait du manifeste politique de FRON'T, Art activisme contre la violence, initiative des artistes (ex)yougoslaves, rejoints par des artistes belges, des étudiants de l'art et du non-art, des philosophes.

Source: Association NE PAS PLIER- mai 1999.

« L'OTAN, maître du monde » de Noam Chomsky. (extrait)

(...) On peut se demander dans quelle mesure ces diverses considérations s'appliquent au cas du Kosovo. Déjà, l'année passée, ce territoire a connu une catastrophe humanitaire imputable, pour l'essentiel, aux forces militaires yougoslaves. La majorité des victimes ont été des Kosovars d'origine albanaise: deux mille morts et des centaines de milliers de réfugiés, selon les estimations les plus courantes. Dans un tel cas, les pays tiers ont le choix entre trois attitudes: essayer d'aggraver la situation (solution 1); ne rien faire (solution 2); tenter de limiter la catastrophe (solution 3). Ces choix peuvent être illustrés par d'autres situations du moment. (...) Commençons par la Colombie où, d'après le département d'Etat, le nombre annuel d'assassinats politiques perpétrés par les forces gouvernementales et leurs alliés paramilitaires est à peu près équivalent à celui du Kosovo, et où le total des réfugiés fuyant leurs atrocités dépasse largement le million. La Colombie est le pays de l'hémisphère occidental qui a reçu des USA le plus d'armes et de conseillers militaires, au fur et à mesure qu'augmentait la violence au cours des années 90. Cette assistance est en hausse, au prétexte d'une « lutte contre la drogue », à laquelle ne croit pratiquement aucun observateur sérieux.(...) Dans ce cas, les Etats-Unis optèrent pour la solution 1: aggraver les atrocités.

La Turquie, maintenant. En ne reprenant que les estimations les plus modérées, la répression contre les Kurdes entre dans la même catégorie que celle qui s'abat sur le Kosovo. Elle a atteint son sommet au début des années 90. Un indice en est donné par l'exode de plus d'un million de Kurdes des zones rurales vers leur capitale officieuse, Diyarbakir, entre 1990 et 1994, afin d'échapper aux exactions de l'armée turque. L'année 1994 restera marquée par deux records: ce fut l' « année de la pire répression dans les provinces kurdes » de Turquie, selon le témoignage du journaliste Jonathan Randal, et celle où Ankara est devenu le « principal importateur de matériel militaire américain, et donc le premier acheteur d'armes au monde ». (...) Nous sommes devant un autre exemple de choix de la solution 1 (aggraver les atrocités) par Washington. On rappellera que la Colombie et la Turquie justifient leurs atrocités- soutenue par les Etats-Unis -par la nécessité de défendre leur pays contre la menace des guérillas terroristes. Exactement l'argument du gouvernement yougoslave. (...).

Texte paru en version intégrale dans le numéro de mai 1999 du Monde Diplomatique. Les textes de Noam Chomsky se trouvent sur le site http://www.zmag.org